Ukraine : les dégâts des dernières frappes sur des infrastructures énergétiques se chiffrent en « milliards »

Ukraine : les dégâts des dernières frappes sur des infrastructures énergétiques se chiffrent en « milliards »

Les dégâts infligés aux infrastructures énergétiques la semaine passée se chiffrent en « milliards », selon le ministre ukrainien de l’Energie, Guerman Guerachtchenko. Vendredi, de lourdes frappes russes sur le réseau énergétique ukrainien avaient entraîné des coupures d’électricité d’ampleur, plongeant Kharkiv dans le noir.

« Les chiffres réels ne seront connus qu’après l’évaluation (finale) des dégâts, mais je pense qu’ils se chiffrent en milliards, c’est sûr », a déclaré Guerman Guerachtchenko à la presse, sans préciser de quelle devise il parlait.

Le ministre Guerachtchenko a qualifié les frappes de vendredi de « plus grosse attaque depuis le début de l’invasion » russe en février 2022, précisant que des infrastructures nouvellement rénovées avaient été touchées.

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Les forces russes « continuent ces attaques tous les jours », a-t-il déploré, évoquant les dernières frappes qui ont visé dans la nuit de dimanche à lundi la région et la ville d’Odessa et provoqué des coupures de courant. Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, fait elle aussi face à « une situation très difficile », a ajouté le responsable.

486 milliards de dollars pour son reconstruire l’Ukraine

Mi-février, la Banque mondiale, l’ONU, l’Union européenne, avec le gouvernement ukrainien, avaient estimé à 486 milliards de dollars les besoins pour l’Ukraine pour son redressement et sa reconstruction après deux ans de conflit. La précédente évaluation, publiée en mars 2023, se montait à 411 milliards de dollars.

Les dégâts sont concentrés dans les régions de Donetsk (est), Kharkiv (nord-est), Lougansk (est), Zaporijjia (sud), Kherson (sud), toutes situées à proximité de la ligne de front actuelle, et Kiev (nord). « Dans tout le pays, 10% du parc immobilier a été endommagé ou détruit, prolongeant ainsi le déplacement des Ukrainiens hors de leurs communautés », selon l’estimation de la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne.

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La destruction du barrage de Kakhovka (sud) et de la centrale hydroélectrique en juin 2023 – imputée par Kiev à Moscou dont les troupes occupent la zone – , « a eu des impacts négatifs importants sur l’environnement et l’agriculture et a exacerbé les difficultés déjà rencontrées par les personnes qui luttent pour accéder au logement, à l’eau, à la nourriture et aux services de santé », ajoute le Banque mondiale.

Selon la Banque mondiale, le chiffre de 486 milliards – estimé sur 10 ans -, concerne le logement (17%), suivi des transports (15%), du commerce et de l’industrie (14%), de l’agriculture (12%), de l’énergie (10%), de la protection sociale et des moyens de subsistance (9%), et de la gestion des risques d’explosion (7%). Les autorités ukrainiennes évaluent à 15 milliards de dollars les besoins prioritaires de reconstruction en 2024.

L’économie résiste malgré le coût de la guerre

Malgré la guerre, l’économie ukrainienne résiste. Après un plongeon de 30% en 2022, le PIB s’est redressé l’an dernier avec une croissance de 5%. L’activité économique devrait encore légèrement progresser cette année de 1% à 3%, et ce malgré une très forte inflation de 25% l’an dernier.

Cette prouesse était pourtant loin d’être acquise, tant l’économie du pays revient de loin. Outre la dégringolade de son PIB lors de la première année de guerre (-30%), le taux de chômage a bondi pour atteindre 26% tandis que l’inflation a explosé de 26,6% par rapport à 2021.

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Sans oublier que 700.000 citoyens ukrainiens ont été mobilisés, amputant les entreprises locales de 10 à 20% de leurs effectifs, et que 6 millions d’Ukrainiens, soit 15% de la population, ont fui le pays selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.

Les dégâts sur les infrastructures et bâtiments ont aussi été significatifs. « Les coûts de la guerre sont importants. L’activité totale du pays est aujourd’hui inférieure d’environ un quart à ce qu’elle était en 2021, tandis que la production industrielle en septembre 2023 représente 68 % de ce qu’elle était avant la guerre », affirme Tim Bulman, économiste senior et chef du bureau Ukraine à l’OCDE.

(Avec AFP)