Népal- Sécurité

Népal- Sécurité

Un séjour à l’étranger implique pour tout voyageur de prendre certaines précautions de santé. La rubrique ci-dessous mentionne les indications essentielles. Elles ne dispensent toutefois pas le voyageur d’une consultation chez son médecin traitant et/ou dans un centre hospitalier spécialisé dans la médecine des voyages. Il est conseillé de consulter suffisamment longtemps avant la date de départ pour permettre, le cas échéant, les rappels de vaccins.

Il est également nécessaire de contracter en France une assurance couvrant les frais médicaux, le cas échéant de recherches et évacuation en montagne et ceux de rapatriement sanitaire.

Il convient de constituer sa pharmacie personnelle incluant une trousse médicale de secours et son ou ses traitements habituels accompagnés des ordonnances, traduites en anglais et valables pour la durée du séjour.

Avant le départ

Frais d’hospitalisation et dépenses de santé

Afin de faire face aux frais d’hospitalisation et, de manière générale, aux dépenses de santé qui peuvent être très élevées à l’étranger, notamment auprès des établissements privés, il est impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (opération chirurgicale, hospitalisation ou rapatriement). Ces frais ne pourront en aucun cas être pris en charge par l’ambassade de France sur place. Faute de pouvoir justifier d’une couverture sociale, le voyageur s’expose au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale.

Recommandations pour sa santé

Consulter si besoin son médecin traitant ou un centre de vaccinations internationales pour faire une évaluation de son état de santé, analyser les risques sanitaires et bénéficier de recommandations sanitaires, notamment sur les vaccinations nécessaires ou recommandées.

Pour les excursions et randonnées en altitude, il est vivement recommandé de solliciter, quel que soit, son âge et son état de santé, un avis médical spécialisé avant le départ.

La haute altitude peut être déconseillée pour les enfants (notamment de moins de 1 an) et les personnes vulnérables ; des antécédents cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénaux constituent une contre-indication, tout comme une grossesse.

Constituer sa pharmacie personnelle en conséquence et emporter dans ses bagages les médicaments nécessaires accompagnés des ordonnances, traduites en anglais et valables pour la durée du séjour ; ne jamais consommer des médicaments achetés dans la rue (risque de contrefaçons). Pour plus d’informations, consulter la fiche Informations pratiques.

Secours en montagne

Au Népal, tous les secours en montagne sont payants et les hélicoptères ne décollent que s’ils ont la garantie d’être payés. La prise en charge d’une assurance-assistance incluant les frais de recherche et d’évacuation en montagne est impérative, pour garantir aux compagnies privées d’hélicoptères le paiement des recherches en montagne et le retour vers Katmandou. À défaut, le voyageur ou sa famille s’exposent au risque de n’être pas secourus, ou de devoir financer eux-mêmes le coût des recherches et/ou du rapatriement.

Il est de plus impératif de lire soigneusement les clauses du contrat d’assurance assistance, en particulier celles allant avec l’utilisation d’une carte de crédit, afin de vérifier la prise en charge des frais de recherche et d’évacuation en montagne. La garantie “neige et montagne” de la carte Visa ne permet pas d’avancer les frais de secours en montagne (sauf accord spécifique avec les professionnels locaux, ce qui n’est généralement pas le cas au Népal). De même, parfois, seuls les accidents sont couverts, et non les maladies comme le mal des montagnes.

En outre, le transport en hélicoptère du lieu de l’accident vers Katmandou est réservé aux situations d’extrême urgence (œdème cérébral, accident mettant la vie en danger). En cas d’abus (simple fatigue, mal des montagnes sans gravité, petite blessure permettant l’évacuation par voie terrestre), l’assurance pourra éventuellement se retourner contre son assuré et lui demander des compensations financières élevées.

Il est donc important de connaître et faire connaître les références de son contrat et les coordonnées de son assurance pour permettre une intervention beaucoup plus rapide des secours (donner ces renseignements à son agence de trek).

Par ailleurs, des cas avérés de fraude à l’évacuation ont été constatés.

Il est conseillé de :

  • bien conserver sur soi son numéro de dossier et le numéro de téléphone de la compagnie d’assurance,
  • exposer soi-même ses symptômes à sa compagnie d’assurance, s’assurer d’avoir obtenu son accord préalable sur toute mesure à prendre, que ce soit l’évacuation, le choix d’un établissement d’accueil, les examens et traitements proposés, qui doivent être appropriés et proportionnés au diagnostic,
  • conserver en permanence son passeport avec soi.

Pour les personnes effectuant des voyages supérieurs à 3 mois, vérifier précisément avec la compagnie d’assurance avant le départ de France les conditions retenues. Il est en effet fréquent que les assurances considèrent les séjours supérieurs à 90 jours comme une expatriation et que, de ce fait, les contrats de rapatriement et de soins médicaux soient caducs une fois ce délai dépassé.

Vaccinations

  • S’assurer d’être à jour dans ses vaccinations habituelles ainsi que celles liées à toutes les zones géographiques visitées.
  • La mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) est recommandée, mais est obligatoire pour les voyageurs venant d’Afghanistan, du Kenya, du Nigéria, du Pakistan, de Papouasie-Nouvelle-Guinée ou de Somalie.
  • La mise à jour de la vaccination Rubéole, Oreillons et Rougeole chez l’enfant est fortement recommandée, y compris pour la rougeole chez les adultes ; la vaccination antituberculeuse est également souhaitable.
  • Il est préférable d’être vacciné contre la méningite bactérienne A + C + Y + W135.
  • La vaccination contre la rage peut également être proposée dans certains cas, en fonction des conditions et lieux de séjour. Demander conseil à son médecin ou à un centre de vaccinations internationales.
  • Autres vaccinations conseillées : en fonction des conditions locales de voyage, les vaccinations contre la fièvre typhoïde et les hépatites virales A et B peuvent être recommandées.
  • Enfin, pour des séjours en zone rurale, une vaccination contre l’encéphalite japonaise peut être nécessaire, notamment pendant la saison des pluies dans la zone concernée (Téraï). Outre la vaccination, cette maladie virale étant transmise par les piqûres de moustiques, il est nécessaire de recourir à des mesures de protection contre les moustiques.

Pour une liste d’établissement de santé, consulter le site de l’ambassade de France à Katmandou.

Risques sanitaires

Maladies transmises par les moustiques

Paludisme

Le paludisme (ou malaria) est une maladie parasitaire (potentiellement grave) transmise par les piqûres de moustiques. Il existe deux formes de prévention complémentaires du paludisme : la protection contre les moustiques et le traitement médicamenteux. Les mesures classiques de protection contre les moustiques dans le Téraï durant la soirée et la nuit sont fortement recommandées (cf. ci-après). Pour ce qui est du traitement médicamenteux, il convient de s’adresser avant le départ à son médecin traitant ou à un centre hospitalier spécialisé dans la médecine des voyages. Le traitement devra être poursuivi après le retour en France, pour une durée variable selon le produit utilisé. Pendant le séjour, et dans les deux mois qui suivent le retour, en cas de fièvre, un avis médical doit être pris rapidement pour mettre en œuvre dès que possible un traitement antipaludique éventuel.

Chikungunya – dengue

La transmission du chikungunya est possible au Népal. La dengue sévit dans différentes régions (Katmandou, Chitwan, Téraï, Lalitpur). Il n’existe actuellement pas de traitement préventif pour ces maladies. La prévention individuelle repose donc essentiellement sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques (voir ci-après).

Encéphalite japonaise

Cette maladie se transmet par des moustiques, en zone rurale. Dans le cadre d’un voyage touristique, la vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est pas recommandée systématiquement pour tous les voyageurs qui se rendent en Asie ou en Océanie. Il semble que les mesures physiques contre les moustiques (cf. ci-après) soient généralement efficaces.

Mesures générales de prévention pour se protéger des moustiques
  • Consulter la fiche « Maladies transmises par les moustiques »
  • Porter des vêtements couvrants, amples, légers, de couleur claire ;
  • Utiliser des produits répulsifs cutanés : voir à ce sujet les recommandations du ministère des Solidarités et de la Santé (PDF – 78.3 ko) et de l’Institut Pasteur (PDF – 1.21 Mo) ;
  • Protéger son logement (moustiquaires, diffuseurs électriques, serpentins, climatisation, etc.) ;
  • Détruire les sites potentiels de reproduction des moustiques (récipients d’eau stagnante comme les soucoupes sous les pots de fleurs, les gouttières, les pneus, etc.).

Autres maladies

Mal des montagnes

Dans l’Himalaya, la plupart des itinéraires de trek impliquent plusieurs jours en haute altitude, où le mal des montagnes peut survenir.

La présentation du mal des montagnes est très variable. Il peut se manifester par des troubles respiratoires (essoufflement) et/ou neurologiques (maux de tête, nausées, vomissements, troubles du sommeil) pouvant survenir au-delà de 3 000 mètres d’altitude. À un stade plus avancé, ces manifestations peuvent s’aggraver et parfois conduire au décès.

L’identification des symptômes du mal des montagnes peut être difficile : il est essentiel de communiquer en permanence, sans restriction, sur son état physique. De surcroît, les capacités de réflexion et d’action d’une victime du mal aigu des montagnes peuvent être altérées : il faut alors, si nécessaire, forcer cette personne à redescendre.

Dès qu’un cas grave est soupçonné, la descente immédiate aussi bas que possible (et au minimum en dessous de 4 000 m) est impérative.

Toute personne, quelle que soit sa condition physique et son habitude de la randonnée en altitude, peut être concernée par le mal des montagnes. Une adaptation progressive à la haute altitude est nécessaire pour prévenir ce risque. La prévention du mal des montagnes repose sur des règles essentielles :

  1. respecter une ascension lente et progressive plutôt que de prendre des médicaments censés éviter le mal aigu des montagnes (pas plus de 400 m de dénivelé positif entre deux nuits consécutives à partir de 2 500 m) et bien s’hydrater ;
  2. en cas de symptômes de mal des montagnes, arrêter l’ascension ;
  3. si les symptômes persistent ou empirent, redescendre, même de nuit ;
  4. ne jamais abandonner seule une personne malade.

L’Himalayan Rescue Association dispose de centres médicaux destinés à soigner le mal des montagnes à Pheriche, dans le Khumbu, et à Manang, dans les Annapurnas. Elle peut également organiser des expéditions de secours.

Typhus des broussailles

Le typhus des broussailles est une maladie bactérienne transmise par des piqûres d’acariens (tiques ou aoûtats) présents notamment dans les zones broussailleuses. La maladie est caractérisée par une forte fièvre et des complications médicales graves sont possibles. La suspicion impose une consultation médicale et la mise en route d’un traitement antibiotique. La prévention repose sur la protection contre les piqûres de tiques et d’insectes.

Grippe aviaire

La grippe aviaire est présente au Népal, notamment dans la vallée de Katmandou. Il s’agit d’une maladie virale animale (volailles) transmissible par voie aérienne (voie respiratoire), soit par contact direct, notamment avec les sécrétions respiratoires et les matières fécales des animaux malades, soit de façon indirecte, par l’exposition à des matières contaminées (par l’intermédiaire de la nourriture, de l’eau, du matériel et des mains ou des vêtements souillés). Ses symptômes sont ceux d’une grippe, tels que fièvre, toux, douleurs musculaires, fatigue, etc.

Elle est exceptionnellement transmissible à l’humain, mais aucun cas de transmission de ce type n’a été signalé à ce stade.

Recommandations :

  1. Éviter tout contact avec les oiseaux et les volailles vivantes ou mortes non cuites, et plus généralement avec les animaux sauvages et d’élevage (notamment les volailles et porcs). Éviter notamment les zones d’élevages, les marchés aux animaux et les zoos. Éviter également le contact avec leurs déjections ;
  2. Se laver les mains régulièrement avec de l’eau savonneuse ou avec des solutions de lavage hydro-alcooliques ;
  3. Éviter la consommation de produits alimentaires crus ou peu cuits, en particulier pour la viande et les œufs ;
  4. Éviter de marcher pieds nus ou en sandales dans les marchés ou à proximité d’un élevage de volailles (penser à laver soigneusement les pieds des enfants) ; ne pas ramener d’oiseau vivant (y compris des poussins ou des oiseaux d’ornement) à son domicile ;
  5. En cas de contact avec des animaux malades, notamment des oiseaux ou des volailles, ou de symptômes compatibles, notamment fièvre, toux ou courbatures, consulter rapidement un médecin.
Rage

Des cas de rage ont été signalés au Népal. La rage est une maladie virale transmissible accidentellement à l’humain par morsure, léchage de muqueuse d’un mammifère atteint du virus. Le virus pénètre alors dans le corps et progresse vers le cerveau. Les symptômes associent généralement des fourmillements, des paralysies nerveuses, puis un état d’agitation avec fièvre parfois. La mortalité est très élevée en l’absence de prise en charge rapide.

Il n’existe aucun traitement curatif de la rage déclarée. Après un contact avec un animal potentiellement enragé, la morsure doit être lavée abondamment à l’eau savonneuse et une consultation médicale urgente doit apprécier le risque de contamination afin de déterminer l’administration urgente d’un sérum et/ou d’une vaccination contre la rage.

Il est donc recommandé de ne pas caresser les animaux, voire de ne pas s’en approcher.

La vaccination préventive avant un séjour en zone exposée peut être recommandée et nécessite une consultation et une évaluation médicales préalables.

Plus d’informations sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Avertissement concernant la méditation

La méditation nécessite une préparation, une pratique progressive et un encadrement approprié. Certains types de méditation au Népal peuvent être très rigoureux (privation de toute alimentation, privation de sommeil, obligation de silence et de solitude pendant de longues durées) et peuvent générer -chez les sujets novices- des troubles psychologiques parfois très sévères, impliquant dès lors une prise en charge psychologique non disponible au Népal.

Infection par le virus HIV – IST

Concernant les infections sexuellement transmissibles (IST), il est recommandé de prendre toutes les précautions d’usage en la matière et d’éviter les comportements à risque.

Pollution atmosphérique en agglomérations

La vallée de Katmandou présente des taux de pollution atmosphérique parmi les plus élevés au monde. Elle connait régulièrement des pics de pollution atmosphérique de forte à très forte intensité, en particulier pendant la période hivernale.

Les particules et les polluants présents dans l’air peuvent être la cause d’inflammations des voies respiratoires, de diminution des capacités respiratoires entraînant des irritations, des difficultés, voire des douleurs respiratoires. L’air pollué peut également entraîner des irritations des yeux et interagir avec le système immunitaire.

Certaines catégories de personnes sont particulièrement sensibles à la pollution de l’air : personnes âgées, enfants, femmes enceintes, ainsi que de toute personne souffrant de maladies chroniques telles que l’asthme, la bronchite chronique, l’emphysème ou l’insuffisance cardiaque.

Le seul moyen de résoudre l’exposition à ces risques de santé est de minimiser l’exposition à la pollution, notamment pour les catégories à risque. Il est donc conseillé de :

  • se renseigner avant le départ sur la qualité de l’air et différer au besoin le voyage pour les personnes présentant les facteurs de risque mentionnés plus haut ;
  • pendant le séjour, en cas de pic de pollution (particulièrement tôt le matin et la soirée/nuit) : réduire les sorties à l’extérieur et utiliser un masque filtrant de type N95 ou KN95/ FFP2. Ces masques peuvent en principe être achetés sur place mais il est préférable de s’en munir avant le départ ;
  • réduire l’exercice physique à l’extérieur ;
  • garder les fenêtres et les portes fermées en permanence, y compris dans son véhicule (où il est également recommandé d’utiliser le niveau de climatisation au plus bas, avec recyclage de l’air intérieur) ;
  • consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes.

Mesures d’hygiène alimentaire

Les risques de choléra et de typhoïde sont réels au Népal. La fièvre typhoïde est une maladie bactérienne liée aux salmonelles. Le diagnostic repose sur une consultation médicale urgente et sur la mise en route d’une antibiothérapie. La prévention repose sur la vaccination, qui est recommandée, et sur les précautions liées à l’hygiène alimentaire.

Pour se préserver des contaminations digestives ou de contact :

  • Se laver les mains régulièrement avec des solutions de lavage hydro-alcooliques, surtout avant et après les repas et le passage aux toilettes ;
  • Veiller à la qualité des aliments et surtout à leur bonne cuisson ;
  • Éviter la consommation de produits alimentaires (poisson, viande, volaille, lait) crus ou peu cuits ;
  • Peler les fruits et légumes ou les laver soigneusement (à l’eau saine) ;
  • Éviter les crudités, coquillages, plats réchauffés et buffets froids ;
  • Ne boire que des boissons encapsulées ou de l’eau rendue potable (filtration, ébullition ou à défaut produit désinfectant) ;
  • Éviter les glaçons et glaces, ainsi que la consommation de jus de fruits frais, de légumes crus et de fruits non pelés. Ne consommer le lait que pasteurisé ou bouilli ;
  • Éviter les contacts avec des personnes malades ;
  • Respecter les règles d’hygiène de base et nettoyer avec attention les cuisines, salles de bain et WC.

Quelques règles simples

  • Éviter de marcher pieds nus sur le sable et les sols humides ;
  • Se tenir à distance des cadavres d’animaux, des animaux et de leurs déjections ;
  • Ne pas approcher les animaux errants et les chiens (risque de morsure et de rage) ; ne pas caresser les animaux que l’on rencontre ;
  • Veiller à sa sécurité routière (port de la ceinture de sécurité, port du casque à deux-roues) ;
  • Ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue.
Pour plus d’informations :

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