La première période « indigne » des Bleues doit-elle nous inquiéter ?

La première période « indigne » des Bleues doit-elle nous inquiéter ?

Au stade Geoffroy-Guichard,

« Saint-Etienne, allez, allez, Saint-Etienne, allez, allez », « On est en Ligue1, on est en Ligue 1 ». Les rares moments funkys dans les tribunes d’un stade Geoffroy-Guichard aux trois quarts vide mardi soir (10.194 spectateurs) n’avaient rien à voir avec le match France-Angleterre (1-2) se disputant sur le terrain. Cette affiche contre les championnes d’Europe en titre, dans un contexte à enjeu (un succès aurait assuré la qualif pour l’Euro 2025), était à des années-lumière de susciter le même engouement que quatre jours plus tôt à Newcastle (1-2), où plus de 42.000 supporteurs étaient de la partie.

Là, la majorité du public présent dans le Chaudron pensait surtout à fêter le récent et emballant retour de l’ASSE dans l’élite. Il est dur d’en vouloir aux spectateurs stéphanois tant les joueuses d’Hervé Renard n’ont rien fait pour lever les foules en première période. Oubliez les victoires références conquises depuis quatre mois, à savoir contre l’Allemagne (2-1) puis en Suède (0-1) et donc en Angleterre (1-2), avec un combo de solidité défensive et d’efficacité offensive. Là, patatras, on était dans le scénario de la leçon absolue, plus encore que lors de la finale de la Ligue des nations en Espagne (2-0).

Toute la douleur de Wendie Renard, médusée par la première période totalement ratée par l’équipe de France, contre une sélection anglaise célébrant ici l’un de ses buts.  - Pauline Figuet / SPP/Sipa USA/SIPA

Et pour la première fois depuis juillet 2012, et un revers aux JO de Londres contre les Etats-Unis (2-4), les Bleues ont concédé deux buts en première période. Après une entame intéressante marquée par une grosse occasion de Kadidiatou Diani (0-0, 7e), extinction du jeu, mais alors bien comme il faut. Petit pot-pourri de l’ouragan venu d’outre-Manche sur les trente minutes suivantes.

  • 17e : Duel aérien perdu par Bacha face à Bronze, s’ensuit un très bon centre de Mead, repris à bout portant par Russo, qui place (miraculeusement) sa reprise de peu à côté.
  • 21e : Première parade très significative de Peyraud-Magnin sur une frappe de Mead, parfaitement servie par Toone.
  • 21e : Dans la foulée, Dali est mangée par Hemp dans un duel en pleine surface, et ça revient sur Stanway, qui s’offre une frappe remarquable de l’entrée de la surface. Le tout face à une défense ultra-attentiste. 0-1 !
  • 29e : Toujours abandonnée par sa défense, Peyraud-Magnin se montre décisive sur un coup de tête de près de Russo.
  • 34e : Russo arrête les cadeaux et signe cette fois une tête imparable, et mystérieusement seule, sur un bijou de centre de Hemp. 0-2 !
  • 43e : Lancée dans un copier-coller du premier but, Stanway ne cadre pas (re-miraculeusement) mais la séquence de tableau noir british était encore impressionnante face à des Bleues nulle part sur le terrain.

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« Le coach nous a gueulées dessus à la mi-temps »

Ce qui nous donne sur la période six énormes occases à zéro pour les « Lionesses », dont déjà deux buts. Ça t’inspire quoi, tout ça, Hervé ? « On n’a pas joué tous ensemble cette première mi-temps, on s’est un peu punis nous-mêmes. J’ai dit la vérité aux joueuses à la pause : la première mi-temps était indigne de l’équipe de France, c’est simple. » La formule piquante est lâchée par le double vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations en 2012 et 2015.

Les joueuses confirment que le coup de sang d’Hervé Renard dans le vestiaire de Geoffroy-Guichard valait le détour. « On avait du mal à se trouver, on balançait trop souvent, on perdait trop vite les ballons qu’on récupérait et on ne défendait pas assez ensemble, donc le coach nous a un peu gueulé dessus à la mi-temps », reconnaissait ainsi Kadidiatou Diani. « On en avait besoin et ça nous a reboostées », complète Grace Geyoro.

Deux changements déterminants dès la reprise

Ajoutez un zest de coaching là-dessus, avec les entrées en jeu tranchantes, dès la 46e minute, de Delphine Cascarino (à la place de Karchaoui, qui n’est décidément pas une ailière gauche) et de Toletti (pour Henry), et le visage du groupe tricolore va d’un coup être bien moins flippant. « On était jusque-là un peu loin les unes des autres et l’Angleterre en a profité pour marquer dans nos temps très faibles, résume Grace Geyoro. On a montré un autre visage en deuxième période, il fallait faire beaucoup mieux dans toutes nos intentions. »

Grace Geyoro pourchasse la première buteuse anglaise Georgia Stanway, mardi soir sur la pelouse de Geoffroy-Guichard.
Grace Geyoro pourchasse la première buteuse anglaise Georgia Stanway, mardi soir sur la pelouse de Geoffroy-Guichard.  - Dave Winter//SIPA

Pour autant, comme d’habitude ou presque avec les Bleues de l’ère Hervé Renard, c’est un coup de pied arrêté, en l’occurrence un penalty provoqué par Geyoro et converti par Diani (1-2, 72e, pour sa 100e sélection) qui va marquer leur retour aux affaires. Faut-il à ce propos s’inquiéter, à un mois et demi des JO de Paris 2024, de constater que 11 des 14 derniers buts de cette équipe ne viennent pas d’actions de jeu ?

Les JO entre Lyon… et Saint-Etienne pour les Bleues

« Non, pas forcément, si l’objectif est atteint à la fin de match, ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète, tranche la Lyonnaise Kadidiatou Diani. Si les coups de pied arrêtés sont une force, il faut prendre ça positivement. » Surtout qu’à en croire Hervé Renard, les atouts de son équipe régénérée en seconde période, et proche d’égaliser par Katoto à la 89e minute, ne manquent pas. « On a eu une très bonne réaction, avec un très bel état d’esprit, une très belle détermination et un pressing incessant, liste le sélectionneur français, qui quittera ce projet dès la fin des JO. Mais on avait un handicap de deux buts… »

NOTRE DOSSIER SUR L’EQUIPE DE FRANCE FEMININE

Un handicap fatal, même si la France reste seule leader de son groupe d’éliminatoires pour l’Euro 2025 (trois victoires et une défaite en quatre journées), à deux matchs de la fin (fixés les 12 et 16 juillet), avec deux points d’avance sur la Suède et l’Angleterre. Puis s’enchaîneront les matchs de poule des JO, répartis entre Lyon (25 et 31 juillet)… et Saint-Etienne (28 juillet), où on imagine mal le Chaudron aussi désintéressé que durant cette soirée galère de mardi.

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